Un pays plus vaste que la terre de Wiley Cash

1507-1 (1)Editions 10/18
312 pages
8€10

Résumé: « En apparence, Marshall a tout des bourgades tranquilles du Vieux Sud. En apparence seulement, car derrière ses fenêtres calfeutrées, l’église de la ville héberge l’inquiétant Chambliss, pasteur au passé trouble et aux méthodes violentes. Imposition des mains, transes, confrontation avec des serpents… Par ses méthodes très personnelles, le pasteur entend exorciser le mal qui hante la vallée. Jusqu’au décès de Stump, l’enfant muet. Mais dans cette communauté rongée par les secrets, des témoins silencieux veillent : son petit frère Jess, la vieille Addie, et le shérif Barefield dont l’enquête va raviver de terribles blessures…« 

Ce que j’ai aimé:

  • Une bonne mise en place du contexte. Dés les premières pages, on prend connaissance de l’ambiance générale de la ville de Marshall, il n’y a pas de passages superflus. Un pasteur a pris possession de la communauté religieuse et applique des passage de la bible à la lettre pour « purifier » et « guérir » les gens. On comprend que dans cette ville, les habitants sont initialement très croyants et que beaucoup se sont laissés influencer par ce pasteur charismatique. Au début du roman, j’ai été très impressionnée; tous les habitants croient aveuglément en lui, ils n’ont aucun esprit critique. Mais un jour un enfant meurt au sein de l’église et il n’est plus possible de faire comme si de rien n’était, d’autant plus que dix ans auparavant, une femme avait trouvé la mort dans des circonstances assez similaires. Personne n’avait été inquiété car tout le monde s’est tu.
  • Le récit à trois voix. Qui plus est, trois personnes bien différentes. Nous avons le point de vue d’une ancienne Soeur, âgée, de l’église de Marshall, qui a déménagé suite à l’arrivée du pasteur car elle était en désaccord avec ses méthodes. Jess, le frère du défunt qui se méfie du pasteur avant même de savoir son frère décédé. Enfin, le Shérif qui ne se déplace même pas à l’église, n’étant pas favorable aux manières employées par le pasteur. Avec ces trois points de vue, on en apprend davantage sur la vie de certains habitants, notamment sur la famille de l’enfant décédé, sur les narrateurs eux-mêmes mais aussi sur le pasteur. Les points de vue se suivent, suivent la chronologie de l’histoire, celle-ci est donc assez rythmé et il n’y a pas de temps morts.

Ce que j’ai moins aimé:

  • Le pasteur. Je ne trouve pas grand-chose à redire sur ce roman mais évidemment j’ai détesté le pasteur Chambliss. De par son passé, on comprend que c’est un imposteur et un manipulateur. Ces pratiques m’ont fait pensé aux méthodes des exorcistes ou des magnétiseurs du 17-18ème siècle. Il agit tel un prophète qui peut enlever le mal qui ronge les gens, en apposant les mains avec parfois trop de force ou en utilisant des serpents. Les méthodes sont peu décrites étant donné que les gens qui y assistent se taisent puisqu’ils croient que c’est la volonté de Dieu. Ce pasteur est dangereux et par extension détestable. La femme morte dix ans avant Stump a accepté que le pasteur la libère de son mal, il l’a donc confrontée à des serpents. Pour lui et ses fidèles, qu’elle meurt ou qu’elle guérisse, ceci est la volonté de Dieu. On comprend que ce pasteur est un manipulateur et qu’il sait que ces agissements sont malhônnetes. Je vous laisse découvrir pourquoi.
  • La façon de parler des protagonistes m’a un peu déroutée au départ. Dans les phrases négatives, il n’y a pas l’utilisation de l’adverbe en entier « ne…pas », ils omettent le « ne ». Dans ce type de phrases, le langage fait donc très familier. Alors, oui nous sommes dans une petite ville du sud des Etats-unis, on peut penser qu’ils parlent à la façon « campagnarde » mais à part cette locution qui n’est pas utilisée correctement, la syntaxe et le lexique sont tout à fait correctes.

Ce livre mérite d’être lu. Avant de le commencer, j’étais un peu réticente et finalement je ne me suis absolument pas ennuyée. Ce livre reste mystérieux. Nous nous situons en dehors de l’action. Nous n’entrons jamais dans l’église. Nous n’avons jamais le point de vue du pasteur ni de ses fidèles. Nous restons spectateurs tout en souhaitant agir.

Ma note
♥♥♥♥
16/20
Emma
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s